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Editorial, Volume 11, N°3

Catégorie : Non catégorisé

Dès l’Antiquité, les médecins se sont intéressés aux maladies de la bouche, des dents et des maxillaires

Dès l’Antiquité, les médecins se sont intéressés aux maladies de la bouche, des dents et des maxillaires. Des textes anciens retrouvés en Egypte nous informent que nos ancêtres connaissaient l’hygiène dentaire et qu’il y avait des « médecins des dents ». L’examen des momies a montré que les Egyptiens utilisaient de la terre de Nubie, du silicate de cuivre hydraté, des éclats de pierre ou encore des blocs d’or massif pour obturer les dents cariées. Au cours du Moyen-âge, alors qu’en Europe, les extractions dentaires étaient réalisées par les « arracheurs de dents » puis par les barbiers, Razès (Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya Ar-Razi, 865-925) fut le premier médecin arabe à s’occuper des dents. Il conseillait leur nettoyage après chaque repas à l’aide d’un bâtonnet et d’une poudre. On lui doit également la formule d’un mastic pour obturer les cavités, à base de résine. Les dentistes musulmans ont été des pionniers en odontologie. Le premier texte médical décrivant la chirurgie dentaire en détail est le « Al-Tasrîf » d’Abū al-Qāsim Khalaf ibn Abbās al-Zahrāwī, plus connu sous le nom d’Abulcasis (v.940-1013) est l'un des plus grands chirurgiens du monde musulman. Il a préconisé des méthodes détaillées pour assurer le succès de la réimplantation des dents arrachées, recommandait l’emploi des dents artificielles en os de bœuf et dépeignait également les méthodes de traitement des blessures et toutes les sutures possibles. Il décrivait les différents instruments et outils chirurgicaux en illustrant son ouvrage avec des figures et des schémas. Par ailleurs, au Xème siècle, un autre dentiste arabo-musulman, Abou Ahmed Jaafar Ibn Ibrahim Ibn Abi Khalid Al Jazzar Al Qayrawani (895-979), a décrit les méthodes de restauration dentaire dans son livre « Zad alMusâfir ». Il a proposé le premier traitement des caries dentaires : « Il faut tout d'abord purger la carie et ensuite les dents peuvent être remplies avec de la noix de galle, des teintures, un extrait de nerprun, de la résine de pin, de la résine de cèdre, de myrrhe, d’anacyclus pyrèthrum et de miel, ou des fumigations à la racine de coloquinte. » Al Jazzar a également recommandé un composé d’arsenic dans ses prescriptions pour combler les « trous des dents », ainsi que pour les caries dentaires et pour le relâchement des nerfs lorsqu’il en résulte un excès de fluides. Avicenne (Abu Ali Al Husain Ibn Abdullah Ibn Sina, 980-1037), quant à lui, a consacré de nombreux chapitres du « Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb » à l'art dentaire, en particulier à la restauration dentaire. Influencé par Al Jazzar, il a proposé son propre traitement de la carie dentaire, entre autres de à l’aide cyprès, d’herbes médicinales, de myrrhe... Il a en outre déclaré que l'arsenic bouilli dans l’huile devait être introduit dans l’orifice de la carie. Avicenne et Al Jazzar, toutefois, estimaient tous deux que les caries dentaires étaient provoquées par les « vers de dents » comme le croyaient les anciens. Mais cette théorie n'était plus acceptée dans la communauté médicale islamique du XIIIème siècle. La médecine dentaire a beaucoup évolué depuis et parler de son histoire permet de comprendre cette évolution. Mais rien, à l’époque où les médecins arabo-musulmans avaient apporté leurs pierres à l’édifice, en innovant en matière de soins et de prévention, ne pouvait prédire la flambée technologique qu’a connue le XXème siècle.

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